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Plan de lutte contre une « pandémie grippale ». Jeudi 10 novembre 2005 Geneviève Giraudeau Laboratoire de virologie, CHU Poitiers Coordination GROG Poitou-Charentes. Plan national de lutte contre une pandémie grippale. Objectifs du plan :
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Plan de lutte contre une « pandémie grippale » Jeudi 10 novembre 2005 Geneviève Giraudeau Laboratoire de virologie, CHU Poitiers Coordination GROG Poitou-Charentes
Plan national de lutte contre une pandémie grippale Objectifs du plan : détecter précocement l’apparition d’un nouveau virus grippal et contenir sa diffusion en phase pré-pandémique organiser une réponse adaptée du système de santé en phase pandémique. Actuellement niveau d’alerte : phase 0, niveau 2a 2 : plusieurs cas d’infection humaine sans transmission inter-humaine efficace a : pas de cas en France
Multiplicité des virus grippaux :les types et les sous-types Type B Type C Type A H1N1 H2N2 H3N2 H5N1
Spécificité d’hôte L’adsorption du virus à la surface cellulaire se fait par interaction entre l’HA et son recepteur : l’acide N-acétylneuraminique (NeuAc) ou acide sialique • HA aviaire se fixe préférentiellement sur les NeuAc2.3 Gal • HA humaine sur les NeuAc2.6 Gal • porc possède les 2 types de récepteur
Mécanismes de variation des virus grippaux • Mutations glissements épidémie - Variants des Virus de types A etB • Réassortiments cassures pandémie - Nouveau sous-type de Virus A
H 1 N1 H 2 N2 H 3 N3 H 4 N4 H 5 N5 H 6 N6 H 7 N7 H 8 N8 H 9 N9 H10 H11 H12 H13 H14 H15 Distribution des sous-types d’influenza A dans la nature
Transmissions inter-espèces des virus grippaux de type A
Transmission des virus aviaires à l’homme • Avant 1997 : pas de transmission directe de virus aviaire à l’homme • En 1997 transmission prouvée au cours de la grippe du poulet à Hong Kong • Par voie respiratoire au contact rapproché avec des volailles infectées • Transmission indirecte après réassortiment entre virus humain et aviaire chez l’homme ou le porc
Grippes animales • Types A : • 15 sous-types antigéniques d’HA • 9 sous-types antigéniques de NA • Espèces concernées : • Oiseaux domestiques et sauvages (H1 à H15, N1 à N9) peste aviaire: H5 et H7 • Porc : H1 et H3, N1 et N2 (H1N1, H3N2) • Chevaux : H3 et H7, N1 et N9 (H7N7, H3N8) • Visons, baleines, phoques, ruminants …
Différents degrés de pathogénicité des souches aviaires • Souches hautement pathogènes : peste aviaire - Atteinte importante de l’état général - Troubles respiratoires marqués, troubles digestifs et parfois nerveux - Mort en 1 à 2 jours - Mortalité >75 % • Souches responsables de pathologies modérées : - Mortalité <50%, morbidité élevée - atteinte de l’état général, troubles respiratoires - chute de ponte • Souches de virulence réduite: - formes frustres, chute de ponte - formes asymptomatiques
Définition de la peste aviaire • Maladie multisystémique contagieuse affectant de nombreuses espèces d’oiseaux domestiques et sauvages • CEE : infection des volailles causée par tout virus influenza de type A ayant un IPIV>1.2 ou de sous-type A/H5 ou A/H7 ayant une séquence multibasique au niveau du site de clivage de l ’HA
Situation actuelle de l’épizootie aviaire à H5N1 • Depuis décembre 2003 15 pays touchés : Cambodge, Chine, Corée du Sud, Croatie, Indonésie, Japon, Kazakhstan, Laos, Malaisie, Mongolie, Roumanie, Russie (Sibérie et région de Tula), Thaïlande, Turquie et Vietnam. • Foyers les plus récents : Turquie (ouest de l'Anatolie), Roumanie (région de Tulcea, à l’est du pays), Croatie (commune de Zdenci), Russie (région de Tula, au sud de Moscou), Thaïlande, au Vietnam et en Chine (Mongolie Intérieure)
Transmission directe Le virus se propage par le biais des gouttelettes de salive et des petites particules en suspension dans l’air projetées par la toux ou les éternuements Le virus pénètre dans l’organisme via le nez, la bouche et les yeux
La grippe : une maladie contagieuse Incubation : 2 j Réplication virale Portage viral : 1-2 j avant les symptômes 4-5 j après le début des symptômes Plus important chez l’enfant Plus prolongé chez l’immunodéprimé Voies aériennes supérieures ET Voies respiratoires inférieures Contagiosité : période de portage
La grippe : une infection plurisymptomatique Apparition brutale des symptômes Fièvre/fébrilité/frissons Céphalées Problèmes respiratoires : toux, mal de gorge, congestion nasale Sinus/oreilles douloureux Troubles digestifs Myalgies Arthralgies Sensation de malaise général/fatigue
Modélisation de l’évolution des symptômes et des concentrations de particules virales Concentration en particules virales Sévérité des symptômes Pic de la réplication virale Concentration en particules virales et sévérité des symptômes Apparition rapide des symptômes 0 1 2 3 4 5 6 7 8 Temps (jours) Oxford JS et al. Drugs Discovery Today, 1998 ; 3 (10) : 448-56
Epidémies saisonnières hivernales de grippe • Concerne les types A et B • Dues aux glissements antigéniques moindre reconnaissance du virus par le système immunitaire • Population partiellement immunisée, protection croisée entre variants • Surviennent à intervalles de 2 à 3 ans pour le type A et de 4 à 5 ans pour le type B • Localisées à une région ou un continent, nombre restreint de sujets atteints (5-15 % de la population) • Létalité : 0,1 %
La grippe : une intensité de l’épidémie imprévisible Cas de grippe annuels (x 1000) Source : GROG
Pandémies de grippe • Concerne uniquement le type A • Dues aux cassures antigéniques : réassortiments entre 2 virus transmission intégrale d’un sous-type animal • Absence d’anticorps protecteurs dans la population • Fréquence de survenue : 3 à 4 par siècle • S’étend au monde entier • Taux d’attaque 25-50 % selon les pandémies • Létalité : 2,5-3 %
Les pandémies surviennent tous les 10 à 40 ans 3 Jusqu’à 50 % de la population mondialepeut être affectée 3 Virus nouveau pour la population humaine Taux de létalité élevé H5N1 grippe aviaire, rappel de la menace pandémique Pandémies grippales Mortalité au cours des pandémies du 20e siècle « Grippe espagnole » A(H1N1) « Grippe asiatique » A(H2N2) « Grippe de Hong-Kong » A(H3N2) 30 millions de décès dans le monde 1 million de décès dans le monde 0,8 million de décès dans le monde 1918-19 1957-58 1968-69 1. WHO Report on Global Surveillance of Epidemic-prone Infectious Disease. Influenza. Available at : http : //www.who.int/emc-documents/surveil…scsrisr 200. html/Influenza/Influenza.htm. 2. Oxford JS. Rev Med Virol. 2000 ; 10 (2) :119-133. 3. Oxford JS, Lambkin R. Drug Discov Today. 1998 ; 3 : 448-456.
Mécanisme hypothétique de l’émergence des sous-types A(H2N2) et A(H3N2) chez l ’Homme
Matières contaminantes • Sécrétions respiratoires et matières fécales des volailles • Contamination directe par manipulation d’oiseaux infectés • Contamination indirecte par les surfaces et les mains souillées par les déjections • Risque lié à la consommation alimentaire : • Viande infectée : virus détruit à t° > 60 °C • Viande crue : destruction par l’acidité gastrique • Oeufs : idem
Populations exposées • Professionnels en contact avec des oiseaux : • Sauvages (chasseurs, ornithologues …) • De compagnie (éleveurs, commerce animalier…) • élevage de volailles (personnel avicole), les plus exposés car confinement et densité de population • Risque moindre si contact non professionnel
Les alertes … • 1977 Alerte à la Grippe Porcine, Etats-Unis A H1N1 • 1997 Alerte à la Grippe aviaire, Hong Kong A H5N1 • 1999 Alerte à la Grippe aviaire, Hong Kong A H9N2 • 2003 Alerte à la Grippe aviaire, Hong Kong A H5N1 • 2003 Alerte à la Grippe aviaire, Pays-Bas A H7N7 • 2003-05 Alerte à la Grippe aviaire, Vietnam A H5N1 • 2004 Alerte à la Grippe aviaire, Canada A H7N2 • 2004 Alerte à la Grippe aviaire, New-York A H7N3 • 2004 Alerte à la Grippe aviaire, Egypte A H10N3
Cas humains de grippe A(H5N1) déclarés du 01/01/04 au 01/11/05Source : OMS, InVS
Quels conseils pour les voyageurs ? A ce jour, aucune limitation des déplacements et séjours dans les pays affectés par l’épizootie n’a été recommandée par l’OMS. Le Ministère des Affaires Etrangères propose actuellement les conseils suivants pour les voyageurs se rendant dans les pays déclarés infectés : • • Eviter tout contact avec les volatiles, ne pas se rendre dans des élevages et sur les marchés aux volailles et aux oiseaux. • Eviter tout contact avec une surface apparaissant souillée par des fientes de volailles ou des déjections d'animaux. De plus, les recommandations générales d'hygiène visant à se protéger des infections microbiennes sont plus que jamais préconisées : • Eviter de consommer des produits alimentaires crus ou peu cuits, en particulier les viandes et les œufs. • Se laver régulièrement les mains.
Prophylaxie sanitaire • Absence de contact entre les volailles et les oiseaux sauvages (notamment les oiseaux aquatiques) • Eviter d’introduire des oiseaux dans les élevages dont l’état sanitaire est incertain • Procédures de nettoyage et désinfection correctes • Présence, de préférence, d’une seule classe d’âge par exploitation En cas de foyer : • Abattage de tous les oiseaux • Élimination des carcasses et de tous les produits d’origine animale • Nettoyage et désinfection • Respect d’un délai de 21 j avant l’introduction de nouveaux oiseaux
Vaccination saisonnière • Composition : • Il est composé de 3 souches grippales différentes • Il est réactualisé chaque année par l’OMS • Vaccin inactivé • Vaccins 2005/2006 : • A/New Caledonia/20/99(H1N1) • A/California/7/2004(H3N2) • B/Shanghai/361/2002 • Indications supplémentaires en cas d’épizootie : • Vaccination des éleveurs de volaille et du personnel d’abattage pour limiter les risques de recombinaison
Vaccin pandémique Les étapes indispensables conditionnant le délai de mise à disposition d’un vaccin monovalent : • Détection d’un variant pandémique :1-6 mois • Sélection et préparation des souches vaccinales : 1-2 mois • Fabrication : 1 mois/million de doses • Contrôles d’efficacité et d’innocuité : 1-3 mois • Distribution Au total : 4 à 8 mois
Antiviraux Inhibiteurs de la protéine M2 : • Amantadine (Mantadix®) • Rimantadine (Roflual®) Actifs uniquement sur les virus de type A Effets secondaires importants (neurologiques ++) • Acquisition de résistances rapidement Inhibiteurs de la neuraminidase : ++ • Zanamivir (Relenza®) • Oseltamivir (Tamiflu®) • Actifs sur les virus de type A et B • Effets secondaires mineurs • Peu de résistances
Neuraminidase des virus grippaux Alors que les protéines de surface des virus grippaux sont très variables : • Lesite actifdes neuraminidases grippales est toujourstrès conservé • La neuraminidase grippale est essentielle à la multiplication virale • Donc unecible idéalepour l’intervention antivirale = site conservé.
Oseltamivir(TAMIFLURoche) per os Gélules et suspension buvable Diffusion systémique Traitement curatif adulte>13 ans (<48 h après le début des signes) 75 mg/2 fois/j/5j Traitement curatif enfant>1 an 1 dose poids 2 fois/j/5j Traitement prophylactique adulte>13 1 gélule/j/7j Tolérance : troubles digestifsmodérés et transitoires Zanamivir (RELENZAGSK) Aerosol buccal Diskalher Déposition principalement au niveau de l’oropharynx Traitement curatif adulte>12 ans (<48 h après le début des signes) 2x5mg/2 fois/j/5j Pas d’AMM Pas d’AMM Tolérance : rares bronchospasmes Inhibiteurs de la neuraminidaseTraitement des grippes A et B en période épidémique
Indications du Tamiflu® en prophylaxie • Prophylaxie post exposition :adulte et adolescent > 13 ans après contact avec un cas prouvé • dans les 2 jours suivants le contact • 1 gél/j pendant au moins 7 jours • Prophylaxie post vaccination : 1 gél/j pendant 2 à 4 semaines • Prophylaxie en institution: 1 gél/j pendant 6 semaines
L’oseltamivir en traitement d’une grippe expérimentale concentrations nasales de particules virales 4.5 Placebo Administration du produit 4.0 Oseltamivir 3.5 3.0 2.5 Log10 TCID50/mL médiane 2.0 p = 0.02 1.5 1.0 0.5 0.0 -36 -24 -12 0 12 24 36 48 60 72 84 96 108 120 132 144 156 Temps (h) Inoculation • Hayden FG et al. JAMA, 1999 ; 282 (13) : 1240-6
OMS 4 Centres Mondiaux (détermination et distribution des souches vaccinales) Atlanta Londres Melbourne Tokyo 110 Centres de Référence Nationaux (prélèvements, suivi épidémiologique) 2 en France CNR Nord : CNR Sud : Institut Pasteur, Paris Faculté de Médecine, Lyon
Organisation de la surveillance de la grippe en France • 1947 : 2 Centres Nationaux de Référence de la Grippe France-Nord et France-Sud (OMS) • 1984 : Réseau National des Laboratoires (RENAL), de surveillance des infections respiratoires • 1984 : Groupes Régionaux d’Observation de la Grippe (GROG) • 1984 : Réseau « Sentinelles » de l’unité 444 de l’INSERM (ex RNTMT)
GROG : Principes de la surveillance Confrontation en temps réel : • d’indicateurs épidémiologiques d’activité sanitaire et de données virologiques, • collectés par les membres d’un réseau régionalisé, pluridisciplinaire et bénévole, • pendant la période de circulation du virus grippal (saisonnalité = octobre à avril) Rétro-information et information
GROG POITOU-CHARENTES • Création en 1994 • 17 médecins généralistes en 2005/2006 • Coordination régionale et diagnostic virologique : laboratoire de virologie du CHU • CNR France Sud : Lyon
Laboratoire de Virologie St Aubin de Baubigné Médecin sentinelle St Varent Chatellerault Faye l’Abbesse Jardres Châtillon/Thouet Poitiers Valdivienne Nouaillé Maupertuis Vivonne Courçon d ’Aunis 79 86 Ste Marie de Ré 17 16 Saujon Jarnac Champniers Tesson Angoulême Blanzac Répartition des médecins sentinelles GROG Poitou-Charentes
Diffusion de l’information www.grog.org
Conclusion • Epizooties de grippe aviaire à virus hautement pathogène en augmentation dans le monde • Risque d’émergence d’une souche pandémique chez l’homme est accru • Plusieurs cas humains de grippe aviaire à AH5N1 déclarés à L’OMS en Asie • Pas de transmission d’homme à homme • Plan national de lutte contre une pandémie grippale publié fin 2004